Parce que je vous aime…

4h du mat’… Ni vraiment réveillé, ni vraiment endormi. L’heure à laquelle j’ai toujours de la gratitude pour le petit berger éthiopien qui, selon la légende, aurait découvert le café. L’heure à laquelle, aussi, j’ai une pensée pour ceux et celles qui parviennent à dormir huit heures chaque nuit, ce que je ne suis jamais parvenu à faire. Je serais heureux d’en dormir cinq. Cette nuit, c’était plus près de quatre. C’est peut-être le seul moment, aux petites heures, où je regrette de ne pas avoir la télévision. Il me semble que ça me distrairait, de rire des infopubs qu’ils passent à TVA… J’ai toujours rêvé d’avoir un snoogie, particulièrement depuis que la juge Charbonneau les a remis à la mode à la commission du même nom…

Pas un bruit dans l’appart. Pas un dans le bloc. Pas un dans la ville, qui ne bouge déjà pas tellement, même en plein jour. Je pourrais travailler à mon roman, me mettre un film, voire écouter de la porn pour me rendormir, mais je me retrouve à vous écrire à vous, encore une fois… J’ai même une pensée pour une lectrice bien particulière, ce matin. Une dont les encouragements, souvent, font la différence, pour vous, entre un billet à lire, le matin, et pas de billet du tout… Comment, c’est qui? Mais mêlez-vous de vos affaires, enfin!

Sérieusement, je me demandais, ce matin, pourquoi je tenais ce blogue… Parce que j’ai une grande gueule et que je suis incapable de garder mon opinion pour moi? Ouais, il y a sans doute un peu de ça. Je pourrais faire comme mes semblables et aller abreuver une barmaid qui ne peut se sauver de ce que je pense du monde, en buvant un pot, si ce n’était que ça. Parce que j’ai l’impression d’être en-dehors de la game, depuis que j’ai refusé de publier à nouveau chez mon ancien éditeur? On se rapproche déjà un peu plus… Pour être aimé? Assurément. On fait tous ce qu’on fait de mieux dans ce but, pour être remarqué, apprécié, aimé…

Parce que je vous aime? Banco…

Par goût, je ne suis pas sûr que je serais écrivain. J’ai bien aimé entendre Christine Brouillet dire en entrevue, récemment: Écrire, c’est mon travail, pas mon plaisir. C’est mon cas aussi. Je le fais, parce que professionnellement, c’est ce que je fais de mieux. Quand je donne des conférences, c’est un plaisir. Les salons du livre aussi, même si c’est surtout une leçon d’humilité (Oh? Un fan qui approche, approche… Pardon Monsieur, mais savez-vous où ils ont placé Kim Thuy? Euh, oui, là-bas; suivez l’éclat du sourire…). Il arrive que ça m’éclate, d’écrire, et le moment où l’idée tombe de nulle part est un grand moment, mais ça reste du boulot. Idem pour le blogue. Je le fais pour vos commentaires. Je le fais pour vos partages. Je le fais parce que je suis toujours surpris de rejoindre quelqu’un par ma façon d’écrire, sans parler d’en rejoindre quelques centaines…

Je vous entends d’ici: christ, il est ben cucul à matin! ‘Pourrait pas rire de quelqu’un, non?

Bon, ok…Un médecin qui vient d’accoucher une femme lui annonce qu’il a une bonne et une mauvaise nouvelle. «Pas de moyen de vous adoucir ça, Madame, mais vous venez d’accoucher d’un roux. La bonne nouvelle, c’est qu’il est mort-né…»

Là, vous voyez? Contents?

Les écrivains qui disent écrire pour eux mentent. Personne ne met six mois de boulot à pondre un roman de cinq cents pages pour lui-même, à moins de vachement s’ennuyer. On écrit pour vous rejoindre, pour vous soulever de votre siège, pour vous épater. On écrit parce que les compliments causent une dépendance. J’écris parce que j’aime faire réfléchir, et faire rire (essayez pas, vous avez souri, à la blague du roux…) J’écris parce que je me sens une responsabilité, depuis que vous me suivez. J’écris, parce que la fille dont je parlais attend son texte du matin, et que j’aime bien lui plaire. J’écris parce que j’ai découvert que c’est plus facile d’aimer les autres que d’attendre qu’on m’aime. J’écris parce que mille mots disent pas mal mieux qu’une photo que vous me touchez chaque fois que vous m’écrivez. J’écris parce que je suis un enflé, en définitive, qui aime bien être bon dans ce qu’il fait, et qui aime encore plus qu’on le lui dise. Bah oui, toi, je suis pas parfait, et si vous me connaissiez, vous sauriez que c’est, et de loin, mon plus meilleur défaut…

Mais avant tout, j’écris parce que je vous aime. Ouais-ouais, cucul tant que tu voudras… Rose-nanane-sucé-longtemps, comme disait le vieux…

Si vous n’étiez pas là, je n’y serais pas non plus. Pas plus compliqué que ça. Si des milliers de personnes n’avait pas lu mon premier roman, je n’aurais pas recommencé. Je suis pas si con. Je m’achèterais une télé et je m’assoirais devant, comme tout le monde. Je jouerais sur ma console. Je ferais du macramé. J’élèverais des outardes. Je le fais parce que c’est une façon de m’aimer, de me faire aimer, et de vous le rendre. Christine Michaud, sors de ce corps…

Voyez? Je viens encore de rire de quelqu’un qui ne m’avait rien fait… Vous en faites pas, allez… Dès le prochain texte, je vais m’acharner et être méchant, sans le moindre doute…

Alors voilà. Merci. D’être là. De me lire. De rire avec moi. De prendre votre café en ma compagnie. D’exister. Ça fait une différence, chaque jour. VOUS faites une différence, que ce soit dans ma vie ou dans celle des autres. Les autres, à la limite, je m’en fous un peu… Vous faites une différence dans la mienne.

Et toi, la petit cute qui me pousse dans le cul pour avoir un article tous les matins…

Encore plus.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s