J’ai pas de casserole

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Quand j’ai vu que deux manifestations contre l’austérité avait été prévues à Montréal aujourd’hui, j’ai bien failli m’étouffer. Ça ne va pas recommencer, non? Un journaliste un peu trop excité a même parlé d’un automne érable, comme si le premier jeu de mots, lors du printemps arabe, n’avait pas été assez minable comme ça. Comme si ça n’avait pas été une insulte à tout ceux qui luttaient pour de vrais enjeux au Moyen-Orient, pendant qu’une bande de décérébrés agitaient leurs casseroles en causant des bouchons.

Ceci dit, les deux évènements ont au moins une chose en commun: quelques années plus tard, absolument rien n’a changé, ni dans un cas, ni dans l’autre…

J’ai trouvé la première vague de manifs particulièrement stupide. Nous nous faisions marcher dessus depuis que le Québec porte son nom, et c’est pour quelques dollars de plus en frais de scolarité que le peuple descendait dans les rues? C’était risible. Non seulement le système d’éducation ne pouvait vivre de l’air du temps, mais en travaillant au lieu de taper sur un chaudron, le premier venu pouvait rattraper l’écart. Surtout, je me disais que la foule était bien naïve de croire que le PQ allait changer quoi que ce soit. Devinez quoi? Matante Pauline, qui cognait pourtant comme les autres sur sa casserole, leur a tourné le dos aussitôt au pouvoir. Et à ceux qui me répondraient que ce mouvement social a mené à la chute de Jean Charest, je dis: un gros bravo… Trois ans plus tard, nous voilà revenu à la case départ, avec un Premier Ministre moins compétent qu’il ne l’était. Je suis heureux de ne jamais avoir arboré le carré rouge. J’aurais honte, aujourd’hui…

Recommencer, maintenant? Contre quelque chose d’aussi vague que l’austérité? On le sait que ça ne mène pas loin, l’austérité, au niveau gouvernemental. C’est prouvé, que ça empire souvent les choses. Perso, ça me tape surtout sur les nerfs parce qu’elle n’est pas appliquée aux bons endroits. Le système québécois est un tout petit bout de steak entouré de gras, et c’est dans la viande qu’on coupe, ‘demandez-moi pas pourquoi… Je commencerais par larguer les chauffeurs des ministres, et par faire conduire à ceux-ci des Echo 2005. Comme moi. Je louerais également leur parking à l’Assemblée Nationale aux touristes. Juste pour voir comment ils parviennent à se garer dans le quartier touristique de Québec, où fourrer les automobilistes est devenu un art. Je couperais leur salaire de moitié, uniquement pour le plaisir, ce qui leur laisserait quand même le double du revenu du citoyen lambda. On s’entend: aux niveaux des finances, ça ne changerait rien, mais une petite dose de réalité ne pourrait que leur faire du bien.

Ce qui me tuait, dans ces manifs, c’était l’impression que trois clowns sur quatre ignoraient tout des enjeux pour lesquels ils manifestaient. Ils voulaient faire partie du groupe. Je me souviens d’une femme que j’avais larguée, et et retrouvée en première ligne sur une photo du genre. Elle n’étudiait pas. Ne suivait pas la politique. Semblait satisfaite de son secondaire V. Avait un boulot, et pas spécialement de sympathie pour les étudiants. Pourtant, elle était là, totalement ignorante du pourquoi, mais contente de ne pas être laissée de côté. Il y en avait des masses, comme elle, et je ne parle même pas des soixante-huitards sur le retour qui voulaient seulement manifester pour manifester…

Aujourd’hui, c’est le même principe. Contre l’austérité? On peut penser ce qu’on veut des moyens, mais le but, en définitive, est d’éviter de laisser un fardeau fiscal aux prochaines générations. Et qui va aller manifester contre ça? Les prochaines générations. C’est tellement sensé… On le sait, que le parti libéral coupe aux pires endroits, mais ils s’imaginent quoi? Que Couillard va avoir si peur de leur manifestation qu’il va annuler toutes ses mesures, se rouler en boule dans le coin de son bureau et se balancer sur lui-même en marmonnant: Bienvenue chez Walmart, bienvenue chez Walmart?

S’il vous plaît…

On parle ici de gens qui veulent faire du bruit. Faire parler d’eux. Regarde, maman, je suis à la télé! Comme si d’agiter une pancarte avait déjà changé quoi que ce soit… Tu veux parvenir à des résultats? Pratique un discours rationnel, va t’enchainer devant l’Assemblée, rameute les journalistes et fait une grève de la faim. Entouré de casseroles, ça ferait bien. Prends des mesures sensées, qui vont mener à autre chose qu’un embouteillage monstre au centre-ville, qui va te faire détester de tous les automobilistes. Pense avec ta tête, et pas avec ton cul. Autrement, dans un mois, non seulement ta manif sera sortie de l’esprit de la population, mais la raison d’être de celle-ci, encore plus…

Aujourd’hui, en plus, ils vont se déguiser. Ça fait sérieux. Surtout quand tu es surveillé par des flics accoutrés comme des clowns…

Le Québec me décourage, parfois…

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