La société des petits…

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Quand j’ai vu l’affiche de Sugar Sammy, For christmas, I’d like a complaint from the office de la langue française, j’ai éclaté de rire. C’était bien trouvé. Vachement. Une pub intelligente, comme l’est d’ailleurs cet humoriste, qu’il présente ses numéros en anglais ou en français. Je savais toutefois, comme il le savait assurément aussi, que ça allait foutre le feu. C’était l’idée, et pour moi, ça rendait le tout encore plus drôle.

J’ai adoré Sugar Sammy dès son premier numéro en français, où il brassait amicalement la société québécoise. Je n’ai aucun problème à ce qu’on me renvoie mes travers en pleine gueule, quand c’est fait intelligemment, et avec humour, ce qui était le cas. À voir le standing ovation qui a suivi le numéro, je n’étais pas le seul à avoir apprécié. La plupart de nos humoristes commencent leur carrière ici et tentent de se faire connaitre internationalement. Celui-là était connu internationalement et nous faisait le plaisir de venir se faire connaitre ici. Et en français, qui plus est, alors qu’il y avait beaucoup plus d’argent à faire au Canada en anglais.

Le président de la Société St-Jean-Baptiste, lui, n’a pas apprécié. Pour dire vrai, il a toujours l’air sur le point de se faire une attaque cardiaque. Tout ce qui ne porte pas une ceinture fléchée et un dix onces de caribou ne rencontre pas son approbation. Maxime Laporte soutient que l’humoriste se fait du capital sur le dos des francophones, comme s’il avait besoin de ça. Comme si l’humoriste s’était dit: ouf, si je ne vais pas au Québec rire du monde, je ne serai jamais connu!

Laporte parle de francophobie. Il parle de néoracisme.

Il parle beaucoup trop.

Le français est mon fond de commerce. Mon pain et mon beurre. Je suis fier de le parler, et de le parler correctement, contrairement à une majorité de la population. Je suis fier d’écrire en français, même si j’aurais beaucoup plus de chances de rejoindre un public plus large en le faisant en anglais. Parce que n’en déplaise à M.Laporte, les francophones d’ailleurs dans le monde considèrent qu’on parle au Québec un français abâtardi, et notre littérature demeure, en grande partie, cloisonnée entre nos frontières. Il n’y a qu’à voir le black-out que subit actuellement Alexandre Jardin auprès de la presse française, pour avoir osé écrire son dernier roman en québécois. Les francophones d’ailleurs pensent qu’on parle une autre langue; désolé de vous l’apprendre…

J’écris en français. J’irai accepter un prix littéraire, le 4 décembre prochain, en français. Je n’ai pas, toutefois, cette mentalité d’assiégés dès qu’on parle de l’anglais. J’adore l’anglais. Je lis en anglais, j’écoute mes films en anglais, j’écris même en anglais, pour m’amuser, de temps en temps. C’est une langue magnifique. Je lis les auteurs dans leur langue originale, et j’écoute mes films de la même façon. J’écoute même Suggar Sammy en anglais, toi! C’est marrant comme ceux à qui l’anglais fait si peur ne le parlent généralement pas. Les mêmes, très souvent,  qui parviennent à peine à écrire en français. Avant de cracher sur la langue des autres, sachez utiliser la vôtre.

Mais si l’humoriste continue sur sa lancée, Maxime Laporte prévient celui-ci qu’il le trouvera sur son chemin. Ouuuuh! Je suis sûr que Sugar Sammy n’en dort plus.

La SSJB ne cible jamais les bons combats. Elle cible ceux qui vont faire parler d’elle, alors que la plupart des Québécois connaissent à peine son existence, et s’en balancent comme de leur première chemise. Allez comparer la fréquentation de leur page facebook à celle de Sugar Sammy, pour le plaisir. C’est édifiant.

Si vous souhaitez protéger le français, M.Laporte, ça commence par prendre des mesures pour l’enseigner correctement dans les écoles. Par souligner le travail de ceux qui le font. Mon père a reçu du président français la médaille de la renaissance culturelle pour son apport à la langue française, pour ses manuels scolaires, ses grammaires, ses dictionnaires. Son travail n’a jamais été souligné par qui que ce soit au Québec, avant qu’il ne se mette au roman, en fin de carrière. Et même là, il a fallu qu’il meure, pour y parvenir…

Si vous voulez protéger le français,travaillez à faire resserrer les critères à l’immigration, pour ne pas que l’on se retrouve noyé sous une multitude de nouveaux arrivants qui n’ont rien à battre du français. C’est là que ça se joue. Pas sur les affiches d’un humoriste que vous avez pris en grippe.

J’aime le français. J’aime l’anglais. J’aime l’espagnol, même si le mien est loin d’être à point. J’aime la culture, et celle-ci n’est pas le propre que du français. Il y a autre chose, dans la vie, que Michel Tremblay et Marie Laberge…

Et sincèrement? Je ne crois pas que la SSJB va aider sa cause en s’en prenant à des gens que la société québécoise aime. Continuez donc de faire la chasse aux commerces où personne ne parle un mot de français. On ne vous en demande pas plus…

For christmas, I’d like a ticket to see Sugar Sammy…

Na!

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