J’ai failli aller aux Olympiques…

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Une chronique de mon amie Christine Foley (aka l’auteur masquée, aka Dans le salon de la fan; allez voir ça!) sur le ski m’a rappelé ma seule et unique expérience du genre, si on fait exception des skis en plastique rouge qu’on nous passait dans les cours de gym, au primaire.

Je suis vraiment passé proche de me découvrir un talent. J’aurais commencé plus tôt, je finissais aux Olympiques, je vous jure. Ce jour-là, j’ai été un dieu. Catégorie de compétition: débarque acrobatique et artistique, un mix entre le saut à ski et le patin de fantaisie. Weird? Anyway, je n’avais l’air ni de skier, ni de patiner, alors…

Ma grande soeur fait du ski. Moi, je n’en avais même jamais eu envie. Pour moi, il fallait être un peu con pour se lancer du haut d’une côte sur des bouts de bois, dans le but d’arriver en bas. Je peux asseoir mes fesses dans une tripe gonflable et arriver au même résultat. C’était d’ailleurs ce que je préférais, enfant, même si j’ai eu peu d’occasions de le faire, mes parents n’ayant jamais été très portés sur le sport, hivernal ou non. La grande soeur, par une journée où elle n’avait trouvé personne d’autre pour l’accompagner, m’a convaincu de venir avec elle à Orford. La bonne idée, toi! Elle allait m’enseigner le ski. Je n’en avais aucune envie, mais je n’avais pas souvent l’occasion de passer du temps avec ma soeur, alors j’ai accepté. Brillant enfant…

Mais voilà: ma grande soeur est une personne adorable, mais n’a rien d’une pédagogue… Une fois payé le billet d’entrée et la location d’équipements, dont le prix a bien failli me faire revirer de bord, elle m’a conseillé de pencher à droite pour tourner à droite, Idem pour la gauche, et s’est lancée à l’assaut de la piste. Autant pour les cours…

Orford, ce n’est pas St-Bruno, où la piste des débutants est pratiquement plane. Les nouveaux, à Orford, ont l’opportunité de s’éclater la gueule avec classe. Il y avait même des bosses, à un moment donné! Naturellement, rendu là, je descendais à pied, en sacrant, avec mes skis sous le bras, mais on saute des étapes, là…

Le télésiège, pour commencer. S’y rendre sur mes skis, c’était déjà un sacré boulot. Non, je ne me suis pas planté, en m’y rendant, vous saurez… J’ai simplement trébuché, comme ça arrive à tout le monde… Ô miracle, le siège ne m’a pas envoyé tête première dans la neige, non plus. Pas en y montant, en tout cas… En descendant, ça a été une autre paire de manches. Ben oui, je suis tombé en pleine face…

Je me revois en haut de la côte, à observer ma soeur filer vers le bas, sans avoir la moindre idée de ce que je devais faire. Je me suis dit que la gravité ferait l’essentiel du travail. Je me suis avancé prudemment jusqu’à l’endroit où il ne me serait plus possible de revenir en arrière, mais je me demandais si c’était possible d’emprunter le télésiège pour redescendre, néanmoins. J’ai fait dix mètres, avant de planter. J’ai été dépassé par une petite fille qui semblait se demander comment j’avais pu tomber à un endroit pareil, alors que l’inclinaison était encore ridicule. J’ai alors réalisé le défi que représentait le fait de se relever avec ces machins aux pieds. Je suis retombé, avant même d’avoir pu récupérer mes bâtons. J’avais quand même parcouru cinq pieds dix pouces de plus. Oui, je me suis étendu de tout mon long, et je mesure cinq et dix…

Une fois sur pied, dix minutes plus tard, je me suis dit: Fake it and you’ll make it!, et je me suis élancé. Ce principe s’applique à beaucoup de chose, mais pas au ski, apparemment. Je me suis donné un bon élan avec les bâtons, j’ai pris une pose olympique avec ceux-ci sous les bras, et bonjour la vitesse! Bon, vitesse… Je me faisais dépasser par des gamins sans arrêt, mais uniquement parce qu’ils devaient être champions junior ou je ne sais quoi…

Avant de me donner mon élan, par contre, j’aurais peut-être dû orienter mes skis vers le bas de la piste, mais ça avait déjà été un sacré boulot de me remettre debout, et j’avais peur de me ramasser sur le cul une nouvelle fois si j’essayais de m’orienter correctement. À dix mètres par essai, j’allais nécessairement me planter avant le sous-bois, de toute façon…

Naturellement pas. J’ai pris de la vitesse et les arbres se sont rapidement rapprochés. J’ai évité une branche, tout fier, uniquement pour me prendre la suivante en pleine tronche. Sur le cul, encore une fois. La neige, où j’étais tombé, n’était pas tapée, mais je pouvais m’accrocher aux arbres pour me remettre debout, alors ça se valait. Une jolie femme est passée sur la piste, et j’ai pris un air naturel en vidant la neige que j’avais dans mon collet de manteau, comme si je m’arrêtais à mi-parcours chaque fois que je descendais une pente, pour admirer le paysage. Je crois que ça a bien passé, et qu’elle riait en fait pour une autre raison…

Un nouvel élan, toujours mal orienté. Départ vers le bois de l’autre côté de la piste, moins rapidement, cette fois. Je ne pouvais soutenir ces vitesses démentielles toute la journée, après tout… Cette fois, en frappant l’arbre, j’ai choisi le tronc. Pour faire différent. J’ai aussi perdu un ski, mais un seul. Résultat des courses? Je me suis naturellement enfoncé jusqu’aux cuisses dans la neige. Jusqu’à LA cuisse, en fait, puisque l’autre pied était toujours chaussé d’un ski, ce qui m’a donné une inclinaison à peu près similaire à celle de la pente, que je voyais désormais plate comme un parking. Vu comme ça, ça avait l’air facile, mais malheureusement, à ce moment-là, j’avais déjà décidé que je serais un champion des Olympiques d’été. J’étais encore plus mauvais que l’Égyptien qui s’était présenté aux Jeux Olympiques pour son pays, en ski alpin, sans jamais avoir pratiqué ce sport.

Un type a freiné près de moi, et je pensais bien obtenir un peu d’aide, mais il riait tellement qu’il n’a pas pu, et est reparti à toute vitesse. J’ai cherché cet enfoiré des yeux toute la journée, après ça, mais comme j’étais dans le chalet, à attendre ma soeur, et lui sur les pistes, je n’ai pas eu le plaisir de tailler le bout de gras avec lui, avec une assise suffisante pour lui en balancer une…

Quand j’ai réussi à m’extraire du sous-bois, je me suis finalement orienté comme du monde vers le bas de la piste. C’était plus facile avec les skis et les bâtons sous le bras, faut bien le dire. Je suis descendu à petit pas jusqu’en bas, j’ai balancé l’équipement dans les bras du gars qui venait tout juste de me le louer et j’ai passé le reste de la journée dans le chalet, à attendre comme un con.

C’était quand même une sacrée journée de sport, vraiment… Il y avait du hockey à la télé…

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