L’impossible réalité

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C’est vachement calme, chez moi. Pas seulement ce soir. La plupart du temps. Quand le divorcé d’en haut n’a pas ses enfants, c’est le calme plat. Avant, ça me déprimait un peu, puis j’ai vécu dans une maison où vivaient trois gamins, et j’ai appris la valeur du silence. C’est surtout silencieux parce que je n’ai pas de téléviseur.

Franchement, ça me dépasse… J’étais accroché là-dessus six heures par jour, avant. Je suivais toutes les séries, et selon mon degré d’ébriété, certaines télé-réalités. J’écoutais de tout, des nouvelles au talk-show le plus stupide. Je ne me rappelle même plus pourquoi j’ai décidé de ne plus m’abonner au câble. JE devais être au milieu d’une révision, pendant le déménagement, ou d’un excellent livre, même s’il me semble que je m’en souviendrais. C’était l’année où j’ai passé mon temps à faire Montréal-Québec pour une femme, et je me suis peut-être dit que c’était une dépense inutile puisque je n’y étais pas. Je me suis peut-être simplement dit que si je n’arrivais plus à embarquer dans la guerre des clans après avoir fumé un pétard, à quoi bon, après tout!

Bref, j’ai arrêté de regarder la télé. Du jour au lendemain. J’achetais des films et des séries, mais ça doit faire trois ans que je n’ai pas pitonné pour tomber à TVA ou Radio-Can. Je me suis mis à écouter la radio. Je lisais moins qu’avant, et je devenais paresseux, alors je m’y suis remis. J’ai commencé à faire des choses que je ne faisais pas avant, comme de la peinture et du dessin. J’ai ressorti mes guitares plus souvent. Je me suis remis à écrire plus souvent, même si ça n’intéresse que peu de gens. La semaine verte aussi, ça n’intéressait que peu de gens, et ça ne les a jamais empêché, après tout…

Ça m’arrive de faire une rechute, une fois tous les trois mois. Je m’installe devant la télé de ma mère, à la campagne, et je me tape un marathon de mes trucs préférés, préenregistrés, mais sinon, je vis bien sans. Je me tiens au courant des nouvelles mondiales, mais je laisse pas mal tomber celles de chez nous. Les petites chicanes partisanes et les viols à Boisbriand, je passe… Je me fous de la bonne nouvelle TVA. J’ai pas envie de voir du monde chanter des vieilles tounes ni des fauteuils qui tournent. Je vois pas pourquoi je regarderais Salvail se saouler en cuisinant. Je suis sûr que c’est amusant. C’est juste plus pour moi.

Depuis que j’ai arrêté, je lis toujours trois bouquins en même temps. Un sur un sujet dont je ne sais rien, un qui me divertit, et un dans une langue étrangère. De temps en temps, je change de poste… J’essaie de me diversifier, parce que quand on fait le compte, ça en fait, des heures gâchées devant la télé. Des semaines… Je ne suis pas sûr d’avoir envie de me réveiller, à cinquante ans, en me disant que ma vie n’a été qu’une longue succession de journées de travail et de soirées de télé.

J’aimais bien suivre les séries, mais j’aime pas trop les sujets, ces temps-ci. Entre le cancer, la police, et la prison, c’est vachement joyeux, et je peux trouver mieux pour me remonter…

Essayez. Juste pour le plaisir. Une semaine, sans. Au moins quelques jours. C’est étonnant ce que ça manque peu, vous verrez…

Ah, et si jamais vous étiez tenté d’ouvrir un livre… Allez-y! C’est comme un film avec des détails…

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