Cinq minutes de bonheur

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Il neige. Vu mon manque d’enthousiasme pour les précipitations hivernales, que cette merde blanche nous tombe dessus alors que nous sommes passés à l’heure d’été change peu de choses; j’aime la neige quand je suis près d’un feu de foyer avec ma blonde, dans un chalet en montagne, en Suisse. Je ne suis jamais allé en Suisse. Ni en montagne, et je n’ai pas de blonde. J’aime bien mettre le feu, par contre, mais c’est une histoire pour un autre jour. Bref, je n’ai pas de raison d’aimer la neige.

Mais vous savez quoi? J’y peux rien, et vous non plus. Pourquoi est-ce qu’on se plaint autant de la température? Je pourrais me plaindre du déneigeur sans génie qui m’a réveillé deux fois cette nuit en venant gratter la cour, et j’en ai envie, mais je ne serais pas, sans lui, en train de travailler dans la quiétude du petit matin. Vous ne seriez pas non plus en train de me lire, et même si je suis convaincu que vous m’auriez remplacé avantageusement par les dix meilleures photos de chat en christ du web, faut apprécier les petits plaisirs lorsqu’ils passent…

On est bons pour chiâler, au Québec. On est des critiques, et ça ne serait pas si mal si le Canadien et la température n’étaient pas nos deux sujets de prédilection. Si notre désir de nous informer était aussi grand que notre envie de critiquer, nous serions champions toute catégorie de la critique constructive. On pourrait s’y mettre dès ce matin, renverser le gouvernement, établir un modèle de société, mais qu’est-ce que vous voulez… Il a neigé.

Je dois me forcer à être positif chaque jour. Je ne suis pas du type verre-d’eau-à-moitié-plein, alors je dois travailler là-dessus. Je n’ai jamais même visité le site de météomédia, mais il me semble qu’il n’a pas tellement neigé, cette année. Peut-être n’est-ce qu’une impression qui me vient du fait que j’habitais Québec, l’an dernier, et le plateau l’année précédente. Dans la ville de Champlain, on vous laisse admirer longtemps votre neige. Dans le fief de M.Ferrandez, on vous la laisse carrément jusqu’au printemps…

Bon, il a fait froid, cette année. Frette, même. Dans deux mois, on va se plaindre qu’il fait trop chaud. Entretemps, on critiquera le Canadien et le gouvernement. En faisant semblant qu’on n’a pas nous-mêmes choisi nos dirigeants (tut-tut-tut… 80% de la population, je vous rappelle. Si vous n’avez pas voté libéral, vous n’avez rien fait pour les empêcher, na!)  Les travaux routiers vont recommencer. Les vélos vont envahir les rues. Il va pleuvoir. Les raisons de se plaindre ne manqueront pas.

Donc, en ce jour du Seigneur (vous pouvez regarder la messe à la télé plutôt que de me lire, mais je vous avertis: c’est pas mal toujours le même punch…), regardons les choses par l’autre bout de la lorgnette. Vous êtes-vous réveillé auprès de quelqu’un que vous aimiez, ce matin? Vous êtes-vous réveillé au chaud? Vous êtes-vous levés en vous demandant ce que vous feriez pour vous distraire aujourd’hui? Avez-vous des amis? Vos enfants sont-ils en santé? L’êtes-vous également?

Si vous avez répondu oui à toutes ces questions, vous êtes riche. Tellement, et j’espère que vous le réalisez. Soyez reconnaissant, et comprenez que même s’il tombait deux mètres de neige, vous seriez tout de même riche. Même si le Canadien se peinture dans le coin en première ronde des séries, vous le demeurerez. Tout ceux qui n’ont pu répondre par l’affirmative à toutes ces questions, et dont je fais partie, savent la chance que vous avez. Nous avons tous une tendance à prendre pour acquis notre bonheur. De temps à autre, faut se réveiller, et voir les choses comme elles sont vraiment.

Pensez seulement à votre amoureux, ou votre amoureuse. Regardez-le ou la, du coin de l’oeil. Rappelez-vous d’une époque ou vous étiez tout excité de la prendre par la main, et d’avoir simplement le droit de la toucher. Comment vous étiez fier d’attirer son attention.

Maintenant, réveillez-vous, et je parle plus à mes frères d’armes qu’aux demoiselles, qui ont un tout petit peu moins cette tendance à oublier. Elles peuvent vous dirent exactement ce que vous leur avez sorti il y a six mois, alors que vous l’aviez oublié le lendemain, après tout. Donc, les gars, pour conserver le plaisir d’être le premier à la voir ouvrir les yeux, le matin, faut travailler un peu. Il faut arrêter de chiâler et voir votre chance. Mais j’ai de bonnes nouvelles pour vous: vous avez déjà son attention…

Ça s’applique à tout. Réaliser sa chance. Réfléchir à sa chance, pour ne pas la voir s’envoler. Comprendre que le bonheur n’a rien à voir avec la richesse, et tout avec l’amour. Prenez cinq minutes pour y penser, ce matin, et allez embrasser votre partenaire. Vous auriez pris ce temps-là pour chiâler sur la tempête, vous le savez…

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