Le courage de la vérité

Encore une fois, aujourd’hui, c’est la tempête dans un verre d’eau. Lors d’un débat entre les successeurs de Matante Pauline, Pierre-Karl Péladeau a osé dire que le référendum avait de moins en moins de chances de se réaliser, dans l’avenir, parce que l’immigration faisait perdre au PQ un comté à chaque élection. Que ce phénomène, d’ailleurs, n’allait pas aller en s’affaiblissant, puisque l’immigration était gérée par le fédéral.

De plus en plus, je me sens des affinités souverainistes, mais même si ça n’avait pas été le cas, PKP aurait gagné mon vote, hier soir. Parce que je souhaite voir un jour au pouvoir un homme qui ne semble pas tellement s’embarrasser de faux-semblants. Même s’il avait été nul à chier, il aurait déjà gagné mon appui, uniquement par comparaison avec les faux-culs qui visent aussi la tête du parti, et qui se sont jetés à bras raccourcis sur lui, même s’ils pensent exactement la même chose.

Soyons sérieux, un instant… Martine Ouellette? Alexandre Cloutier? Premier ou première ministre, éventuellement? Euh… non? Pierre Céré, ou je sais pas quoi? Je ne suis pas un stratège politique, l’ami, mais dans la mesure où tout le monde se demande qui diable tu peux bien être, tes chances me semblent minces… Drainville, après s’être emmêlé les pieds dans la charte, et après avoir servi Marois? Il a laissé passer le momentum. Il ne reste que PKP, qui a plus de stature que ses adversaires réunis et qui, en plus, que ce soit par manque de filtre ou par calcul, dit la vérité.

Revenons au débat du jour. Péladeau a raison, ni plus, ni moins. De la même façon que Parizeau avait raison, même s’il lui a fallu boire un coup, le soir de la défaite, pour dire la vérité. On s’entend que le caucus noir, à Matane, influe peu sur le vote, mais à Montréal, les nouveaux arrivants ont du poids, car ils sont nombreux. Ils n’iront pas voter pour une situation incertaine, alors que c’est le Canada qui les a accueilli. Ils n’iront pas s’installer ailleurs. Ils vont simplement voter non. Et des immigrants, il en arrive des dizaines de milliers par an, qui ne vont pas s’installer en Gaspésie. Ils s’installent à Montréal, parce qu’ils ne sont pas obligés d’y apprendre le français.

D’ailleurs, et ce n’est ici que l’avis de votre humble serviteur, ne devraient pouvoir s’installer au Québec que les nouveaux arrivants qui parlent le français. Le reste du Canada est vaste, pour les autres. Je ne me souviens pas d’avoir vu le Québec réclamer un statut d’accueil Bonneau international, que je sache. Nous ne sommes obligés d’accueillir personne, et moins encore des gens qui nous nuiront dans l’avenir.

Quand j’entends un officiel dire que nous avons besoin de l’immigration, je grince des dents. Nous sommes au bout de nos ressources. Correction: vu la dette du Québec, nous sommes allé bien au-delà de nos ressources. Impossible de trouver un médecin, ou un emploi, tant qu’à ça… Difficile d’obtenir de l’aide gouvernementale pour quelque projet que ce soit par un particulier, alors qu’il semble y en avoir à plein pour faire la promotion de nos putains de Rocheuses dans le monde, et accueillir ceux que ça a attiré. On nous parle de notre taux de natalité, mais je ne suis pas prêt à voir le Québec devenir anglais pour que nous soyons plus nombreux. Et je crois que notre argent serait mieux employé à prendre soin de nos citoyens actuels, d’ici ou d’ailleurs, qu’à en attirer d’autres.

Oh le vilain raciste! Le méchant séparatiste raciste! Non. Deux de mes trois meilleurs amis sont nés outremer, et sont venus s’installer au Québec. Des exemples d’intégration parfaite. Je ne crois pas qu’ils aient la moindre inclinaison indépendantiste, et je m’en fous. Je les aime, entre autres, parce que pas une seule fois je ne les ai entendu dire un mot contre leur terre d’accueil. Pas une seule fois ils n’ont joué la carte de l’immigration. Ça ne leur passerait même pas à l’esprit. Ils sont athées, travaillants et adorables. J’aime les nouveaux arrivants qui nous font partager leur culture, pas ceux qui nous l’imposent. Je peux me tromper, mais il semble qu’il y ait beaucoup plus de monde dans la seconde catégorie que dans la première…

Je ne crois pas que nous accédions jamais à l’indépendance. Je le souhaite de plus en plus, quand je vois les guignols qui nous dirigent, mais je n’y crois pas. Péladeau, s’il accepte de se faire coacher pour apprendre à mieux parler aux foules, est notre unique espoir, en la matière. Pas parce qu’il est plus compétent qu’un autre, même s’il a effectivement plus de bagage de dirigeant que ses concurrents, mais parce qu’il est plus rassembleur. Parce qu’il a le charisme. Parce qu’il y a longtemps que nous n’avons pas été dirigé par quelqu’un qui possède ce Oumph! politique.

Un dirigeant se doit de dire les vérités qui choquent. L’immigration est un problème. L’installation de nouveaux arrivants anglophones dans une ville où le français peine de plus en plus à survivre est un problème. Les accommodements raisonnables sont un problème. Nous n’avons pas à accommoder qui que ce soit. Chaque fois que je vois un nouvel arrivant exiger quelque chose au nom de sa religion, de sa langue ou de sa nationalité, je pense de plus en plus à la célèbre phrase de Kennedy, sur le fait de vous demander ce que vous pouvez faire pour votre pays, et non l’inverse.

PKP n’a pas demandé à ce que les frontières soient fermées, même si cela  lui aurait assurément attiré les votes des Québécois qui en ont marre de se faire dire comment ils doivent vivre sur leurs propres terres. Il a simplement dit que l’immigration nuirait à l’indépendance, ce qui est une vérité de La Palice. Tout le monde le sait, sauf les opposants au futur chef, qui sont prêts à n’importe quoi pour gruger sur son avance, un manège qui ne leur réussira qu’auprès des nouveaux arrivants. Quand tu vises le vote ethnique avant celui des tiens, c’est que tu es déjà sur le respirateur artificiel, comme candidat…

Bref, ce n’est pas de la nouvelle. Simplement une agression de plus contre PKP, sur la route du pouvoir. Une agression désespérée, qui plus est…

Vous savez qui je n’aimais pas spécialement, et qui a pourtant gagné mon respect, durant cette course? Lisée. Il n’avait pas la moindre chance et le savait, que ce soit juste ou non. Il s’est retiré parce qu’il était aussi évident pour lui que pour le reste de la population que PKP allait gagner. Ça a dû lui coûter, parce que de l’expérience, lui, il en a, même si son côté aristo l’empêchait de rejoindre les masses. Il en avait plus que n’importe qui, dans cette course, et s’est quand même couché.

Les opposants de Péladeau, dans la course, n’ont malheureusement pas cette clairvoyance, ou s’y refusent.  Pour les jeunes, c’est l’occasion de se faire du capital politique. Pour Drainville, c’est son chant du cygne.

Quant à Céré, ma foi… Je sais pas moi… Il n’avait rien de prévu dans les prochains mois?

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