Avant facebook

Je bois mon café. Je fume une cigarette que je fais semblant d’ignorer, puisque j’ai arrêté. Je lis sur mon ordi divers articles paru sur mon fil d’actualité. Je regarde la vidéo d’un mongol avec une scie à chaine. Je me demande pourquoi c’est moins épeurant une scie à chaînes qu’une chainsaw. Un cave avec une tronçonneuse, en tout cas… Qui s’est d’ailleurs révélé être, une fois arrêté, un nabot de cinq pieds trois. Un nabot avec une chainsaw, quand même, parce qu’il te faut au moins ça, pour faire peur, quand t’es plus petit que mes soeurs…

J’essaie surtout, en même temps, de me rappeler de ce que je faisais, le matin, avant facebook. À l’âge adulte, disons, parce que jusqu’à trente ans, je regardais des cartoons.

Je déconne; je n’ai pas encore atteint l’âge adulte…

Je me rappelle des débuts. J’ajoutais tout ceux dont je me rappelais le nom. Puis, les mois passants, je faisais un ménage J’en rajoutais à nouveau, pour dégraisser encore… Maintenant, je n’ajoute plus personne. Les gens m’ajoutent, sans que je sache vraiment pourquoi, le plus souvent. Je présume qu’ils le font pour avoir un accès plus facile à mes textes, où lire mes joyeuses conneries, mais j’en sais foutre rien. Si ce n’est pas une Marie Amaloudé Barapaoui du Cameroun, qui me demande une aide financière, parce qu’elle est coincée avec ses sept enfants et sa chèvre dans un puits, j’accepte tout le monde. Les imbéciles n’ont jamais un public assez large…

Les jeux, au début! Les invitations qui n’en finissaient plus! Farmville… Fais-moi parvenir une brouette et je vais t’envoyer un mouton sur qui passer tes nerfs, et j’en passe, et des moins vertes pas mûres, comme dirait Jean Perron… Ça me fascinait, sincèrement… Le nombre de gens brillants que je connaissais et qui jouait à ça en cachette, sans se rendre compte qu’ils t’envoyaient une demande toutes les vingt minutes!

C’est clair qu’on perd un temps incroyable, sur Facebook, mais ça se gère, ça… Non, t’es pas obligé d’aller voir le vidéo du Chinois qui siffle la Traviata par une narine, ou celui du nain qui s’enfonce des pétards à mèches dans le c… Non, n’allez pas sur Youtube, je viens de les inventer! Quoi que je suis sûr  que pour le truc du nain et des pétards, ça pourrait se trouver. Dur à dire. Depuis les nouvelles réglementations, c’est de plus en plus dur de trouve des pétards…

Je ne sais pas pour vous, mais je ne discute pas des masses, sur facebook. C’est ma limite. Si j’ai envie de communiquer, je vais opter pour le téléphone. Oui, il y a, sur mon facebook, des gens avec qui je n’ai jamais  vraiment parlé. Je ne sais pas ce qu’ils font là, mais je suis heureux de les y voir. Ils sont devenus familiers, comme les gens au café, le matin. Comme si j’allais déjeuner dans une cafétéria combinée de toutes les écoles que j’ai fréquentées et de tous les emplois que j’ai occupé. À la différence que tu peux faire disparaitre quelqu’un qui t’énerve…  Quand je bouffais à la café de ma polyvalente, personne ne m’envoyait d’invitations à jouer à candy crush machin, remarquez…

L’information s’y propage aussi à une vitesse effarante. Pensez aux derniers artistes dont vous ayez appris le décès. Le dernier scandale. La dernière tragédie. Vous avez appris ça où? Il y a peu de nouvelles qui me parviennent autrement que par des liens internet, ces jours-ci… Naturellement, il y a l’autre côté de la médaille. Quand une fausse nouvelle se propage, c’est à la même vitesse, et certains ne sont guère portés à douter…

Pour beaucoup de gens seuls, Facebook est l’ouverture sur le monde, qui rend tellement plus facile la communication, qu’elle aboutisse ou non sur de vrais contacts humains. Ce n’est pas à négliger. En fait, s’il y avait eu une seule bonne raison de l’inventer, celle-là aurait amplement fait l’affaire. Le nombre de gens seuls, vraiment seuls, a de beaucoup diminué. Vous êtes entourés et aimés, et peut-être portés à vous dire que même si c’est bien pratique, ce n’est pas du contact humain, mais pour certains, Facebook est le pivot autour duquel tourne leur existence. Ils n’ont peut-être pas d’amis, mais ils existent à un certain niveau, et c’est énorme, dans bien des cas. Le sentiment d’insignifiance, pour quelqu’un de seul, est le pire. Sur facebook, ils ont la chance de se faire remarquer, ne serait-ce qu’en participant à la vie des autres… Je sais bien, que c’est triste, mais pour ces gens, ce l’est déjà moins qu’avant.

Alors c’est bien beau, Facebook, mais si vous avez de vrais amis, prenez donc rendez-vous pour un verre, hein? Votre journée commence; arrêtez de regarder des vidéos de minous et de me lire, et faites-en quelque chose de beau, dans le vrai monde. Et s’il vous plait… Arrêtez de m’envoyer des invitations à des jeux…. J’en peux plus…

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