La vérité sur le milieu.

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La question que l’on me pose le plus souvent, depuis un an, porte sur les raisons pour lesquelles aucun autre roman n’a suivi la publication de Voir Québec et mourir. On me demande souvent si j’ai cessé d’écrire, et pourquoi je ne publie plus. Je vais tenter d’y répondre ici sans écorcher personne, mais je doute d’y parvenir. Sans écorcher personne, j’entends…

Pour commencer, je n’ai pas cessé d’écrire. Du tout. J’ai écris quatre romans et trois recueils de nouvelles, depuis Voir Québec. Vous me lirez à nouveau, promis. J’ai par contre cessé de croire en notre marché, ce qui ne m’a guère poussé à envoyer mes manuscrits à des maisons d’édition d’ici, depuis un moment.

Quand on commence à écrire, on est prêt à publier n’importe où. Avec n’importe qui. N’importe comment, du moment qu’on finit par tenir un bouquin relié entre nos mains, avec notre nom dessus. Je ne suis pas différent des autres, et c’est malheureusement ce que j’ai fait. Après la mise en ligne, contre ma volonté, d’une bande-annonce atroce sensée représenter mon roman (je n’ai toujours, à ce jour, pas identifié lesquels de mes personnages ou quelle partie du roman cette bande représente…) j’étais déjà moins chaud à l’idée de remettre ça, mais un auteur est lié par contrat, et l’éditeur a un droit de préférence sur votre prochain roman. En général, sur les deux prochains romans, mais je vous conseille de négocier ça… Quand on m’a commandé un nouveau projet, pour me le faire réécrire une fois terminé, puis finalement le refuser à nouveau, j’ai saisi l’occasion de retrouver ma liberté. Je regrette peut-être aujourd’hui de ne pas avoir retrouvé un éditeur à mon goût, mais je ne regrette certainement pas cette décision.

Mais t’es complètement con! a été la réaction de mes proches. De ceux qui se soucient de ce que j’écris, en tout cas, et ils ne sont pas nombreux. Comme pas un de ceux-ci n’a encore lu ma première parution, je ne peux pas dire que ça m’ait fait un gros pli. Ils ne sont pas du milieu, et pour eux, un roman qui se vend est un bon roman. Toujours, et tant pis pour 50 nuances de schnoutte… Si ça se vend, c’est bon.

Désolé, mais non. Non, non, non. Je pourrais vous citer des romans épouvantables qui se vendent par millions. Et d’excellents romans qui ne décollent pas, au Québec, parce qu’ils ne sont ni braillards, ni écrit par une vedette de Star Académie…

Au moment où j’ai reviré mes éditeurs, j’étais en discussion avec Isabelle Laffont, de chez JC Lattès. Quand la plus grande éditrice de langue française au monde prend le temps de te répondre personnellement, tu te consoles de bien des échecs. Ça n’a peut-être pas fonctionné, en définitive, mais l’espoir de quelque chose de grand vaut mieux, pour moi, que quelque chose de petit et de mal fait. Ce qui explique que lorsque mon ancien éditeur a proposé de publier un autre de mes manuscrits (L’ami de la famille) plutôt que le projet qu’il m’avait commandé (Pour en finir avec Kennedy), j’ai préféré décliner l’offre. Résultat: un an plus tard, alors qu’il se vendait encore et qu’il a gagné un prix en décembre dernier, mon éditeur a passé Voir Québec au pilon. Pour être franc, ça m’a plutôt fait rigoler, et conforté dans l’idée que j’avais bien fait de me tirer de là. La bande-annonce aurait suffi, à elle seule, à me convaincre que j’avais fait une erreur…

Certaines maisons d’édition ont plus de crédibilité que d’autres. Soyez attentif, en choisissant.Ce n’est pas une question de taille. Ça a plutôt à voir avec la qualité des publications. Si tu publies un bon romans pour dix livres de merde, c’est sûr que les journalistes vont moins prendre l’habitude de couvrir tes sorties, même au Québec, où le ratio de mauvais romans est déjà plus élevé. Un bon truc est de regarder la couverture médiatique de leur auteur à succès. Mon père était l’auteur à succès de mon ancien éditeur, et il a fallu qu’il meure pour qu’un journal sérieux parle de lui, malgré des records de vente. Je le savais, en signant là-bas, mais j’étais écoeuré de courir les éditeurs… Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même…

Un bon test, avant de signer un contrat avec une maison d’édition, est de vérifier qu’il y a effectivement des éditeurs, des vrais, qui y travaillent. Je sais de quoi ça a l’air, mais souvent, vos manuscrits sont évalués par les secrétaires de l’endroit. J’aimerais que ce soit une blague, vraiment, mais c’est malheureusement vrai.  N’acceptez pas n’importe quoi uniquement pour voir votre oeuvre imprimée. Comprenez que si vous changez d’éditeur, éventuellement, la réputation du précédent sera accolée à la votre.

-À ton avis, il est bon?

-iish… Je sais pas! Il publiait chez X, avant!

-Oh? Ouin…

Le milieu de l’édition, au Québec, est petit. On publie peu, en comparaison d’autres pays francophones, et apparemment, on est prêt à publier n’importe quoi pour rattraper le retard. Si vous enlevez les publications d’auteurs  »établis » et des vedettes dont on ne vous vend que le nom, il reste peu de place pour vous, alors choisissez bien… Pensez à long terme, même si aucune maison d’édition ne peut se le permettre, par ici, comme l’a prouvé la débâcle de La Courte Échelle.

N’ayez pas peur de voir grand. Tentez l’Europe, tant qu’à y être… Vous avez autant de chances d’y publier qu’ici, vu l’attention donnée aux nouveaux auteurs, au Québec. De plus, là-bas, l’édition est une tradition, régie par un savoir-faire. Vous éviterez donc de voir votre projet publié un peu n’importe comment, et abandonné dès sa sortie des presses.

Quant à moi, je reviendrai, d’une façon ou d’une autre… Et si vous avez envie de lire mes prochains romans avant le reste du monde, faites-moi signe au jeanmicheldavid@hotmail.com. Je ne suis pas un parano du plagiat, comme d’autres, et ça me fera plaisir de vous envoyer ça, vu que vous me suivez déjà…

Assurez-vous que

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