Fouille moi!

Je n’ai jamais vendu de drogues. Je n’ai jamais été soupçonné d’avoir vendu de la drogue. Dans mon jeune temps, je la consommais beaucoup trop rapidement pour la vendre. Je n’avais jamais un sou, mais au moins, je n’avais pas de problème avec la direction du bahut. Pas à cause de la drogue, en tout cas… La demoiselle qui a eu droit à une fouille à nu, à son école, n’en avait pas sur elle lorsqu’elle a eu droit à ce traitement. Peut-être n’en a-t-elle jamais vendu.  Peut-être avait-elle déjà tout vendu, allez savoir… Il demeure que la direction ne s’est certainement pas dit, ce matin-là, qu’elle allait foutre des élèves à poil au hasard, au cas où ils s’agiraient de trafiquants en cheville avec Bogota… Admettons que je sois un vendeur de dope. Juste un instant. Je me fais choper les poches vides. C’est Noël, ni plus ni moins! Tu peux me faire parader à poil, me faire tourner sur moi-même, chanter une chanson; tout ce que tu veux. Si je suis coupable, et que je sais que je vais m’en sortir, j’ai tout intérêt à en faire tout un foin, même. Ça permet ensuite de poursuivre pour … 380 000$. De poursuivre la directrice, la directrice-adjointe, l’école, la commission scolaire, Pierre-Jean Jacques, alouette! C’est ce qu’a fait la famille de la fille de quinze ans qui a été fouillé à Neufchâtels. Fouille pas fouille; drogue pas drogue, la gamine a été viré de son école néanmoins. Après le coup de la fouille, la direction n’aurait jamais osé faire ça sans un solide dossier. On ne parle donc pas ici d’une blanche colombe. Raison pour laquelle, probablement, la direction a refusé de lui faire des excuses publiques. De voir un coupable s’en sortir par chance est déjà difficile, mais d’avoir à lui présenter des excuses… SI la demoiselle vendait bien de la drogue, j’entends… Partons du principe qu’elle n’en vendait pas. Qu’elle a, disons, été donnée à la direction par quelqu’un qui en vendait, pour détourner les soupçons. Ou, pour faire moins James Bond, qu’une fille qui porte un nom similaire au sien soit la vendeuse en question, et qu’elle soit la pauvre victime du destin. Mettons. On jase pour jaser, là… La victime a été emmenée au bureau de la directrice. Pas un directeur, mais une directrice. La direcTRICE-adjointe devait être présente, puisqu’elle est poursuivie également. On lui a sans doute dit qu’on savait qu’elle vendait, et on lui a demandé de retirer, derrière un drap tendu, ses vêtements, pour qu’on puisse les inspecter. Point à la ligne. L’idée de la fouille à nu est pas mal la même, dans l’imaginaire populaire, à celle de la fouille corporelle, mais personne n’a fouillé cette adolescente au corps, et le tout ne s’est pas passé sous l’oeil salace d’une douzaine de profs au milieu de leur salle de repos… 380 000$? Pour ça? Même si tu es totalement innocente? Euh? Non? Et puis quoi encore? Si on avait demandé aux parents de la  »victime » il y a six mois si tous les moyens devaient être entrepris pour faire disparaitre la drogue de l’école de leur fille, ils auraient été les premier à appuyer les fouilles… Ce qui est mesquin, dans cette histoire, personne n’en parle. J’imagine que l’expulsion de l’élève, puisqu’elle a eu lieu tout de même, et probablement tout de suite après la fouille, avait déjà de bonnes bases, mais ils l’ont tout de même fouillée, pour avoir la chance de la donner aux flics s’ils trouvaient quelque chose… C’est petit. Ils auraient pu se contenter de la virer. La directrice de l’établissement, poursuivie pour 25 000$, se demande sans doute pourquoi elle ne l’a pas fait. Imaginez qu’on ait pris les vêtements de la suspecte, et qu’on lui ait aussitôt passé son ensemble de gym pour qu’elle l’enfile, pendant la fouille de ses vêtements. Est-ce qu’on aurait fait tout un foin de savoir si elle aurait dû être fouillée par des policiers plutôt que par sa directrice? C’est l’idée qu’elle ait eu à attendre, nue, qui a choqué l’opinion publique, et vous remarquerez que le détail du drap n’est pas toujours mentionné dans la presse… Quand, il y a un mois, j’ai vu que des poursuites seraient entreprises, sans mention d’un montant en réparation, je me suis dit: s’ils réclament des excuses à corps et à cris, jusqu’à s’en faire péter les cordes vocales, ils sont réellement outrés, et la fille est peut-être innocente. S’ils réclament du fric… Voilà. Quand à l’article 8 de la charte des droits et libertés,  je m’assois dessus. À quinze ans, tu es un enfant, en apprentissage de la société. Et bien que je ne sois pas le plus grand défenseur de la gent policière ou de l’autorité en général, il demeure une vérité essentielle, que tous les adultes comprennent, sauf peut-être les parents de cette adolescente: quand tu n’as rien à cacher, tu coopères sans faire d’histoires. Demander 380 000, j’appelle ça faire des histoires… Le plus étrange, je crois, est ce psychologue qui a évalué ce montant en réponse à cet incroyable traumatisme… Je ferais évaluer le psychologue, quant à moi…

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