Migrera? Migrera pas?

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Je ne sais pas quoi penser des migrants. Je mentirais si je vous disais que je me sens tellement concerné, dans la mesure où l’on ne s’attend pas à ce que j’en pense quelque chose.

D’un côté, je n’ai guère apprécié de voir leur nombre grimper aux enchères durant la campagne électorale, parce que chaque parti voulait démontrer que ses bons sentiments étaient plus meilleurs que ceux du voisin, sans étudier la faisabilité de la chose.

De l’autre, pour une fois qu’un politicien tient l’une de ses promesses, je me vois mal aller le lui reprocher.

D’un bord, je nous vois décidés à dépenser des dizaines de millions de dollars que le gouvernement ne semble pas prêt à investir dans notre jeunesse et notre système de santé. Et ne venez pas me dire qu’il n’y a aucun rapport; que l’argent ait été séparé entre deux poches après avoir été tiré de la mienne ne change rien au fait que c’était mon argent, et qu’on manque de fric, paraît-il.

De l’autre, la commission Charbonneau, qui n’aura eu d’incidence que sur les avocats grassement payés qui y auront défilé, nous aura coûté Trente-cinq millions. Comment refuser  d’en mettre autant sur le tapis alors que des vies sont en jeu?

Je ne connais qu’un Syrien, et je ne l’aime pas. Je suis totalement inepte pou juger de leur réalité.  Je peux par contre m’imaginer sortir de l’épicerie, sur Ontario, pour voir la charcuterie d’en face exploser sous le tir de roquette des rebelles. Cela arrive régulièrement à Damas, qui possède une population similaire à celle de Montréal. Je peux m’imaginer de rentrer chez moi, et de trouver un cratère à la place de mon bloc parce qu’un tir ami a dévié de sa trajectoire. De vagabonder avec mes voisins dans les décombres, à essayer de récupérer le peu que j’arrive à retrouver. De partir chez de la famille, sur les routes, sans voiture, chargé comme un âne, et de découvrir une fois sur place qu’ils ont fui la violence également, ou ont été évincés. Je peux imaginer un camp de réfugié. La puanteur. La faim. La trop grande proximité des autres malheureux.

Après ça, je peux comprendre qu’on puisse trouver Justin Trudeau attrayant…

Les critères de sélection, toutefois, ne passent pas. Juste pas.

Prenez Mohamed, par exemple. Mohamed est homo, et ce n’était déjà pas de la tarte quand tout allait bien en Syrie. Mo a fui de nuit, en emmenant sa mère et son frère après la disparition du patriarche, qui aimait un peu trop parler de politique. Ils ont donné tout ce qu’ils avaient pour leur passage en Allemagne, sur un bateau pourri qui a coulé à cinquante mètres des côtes, ce qui n’a pas empêché la noyade du petit frère. Une fois en Allemagne, ils ont pris contact avec une parente au Canada, qui les a invité à la rejoindre. Après avoir enduré tout ça, Mohamed va devoir prouver, devant de parfaits inconnus travaillant à l’immigration, qu’il est gay, sous peine d’être rejeté? Are you fucking me? 

Sans parler de tout ceux qui auront perdu leurs femmes en chemin…

Les femmes et les enfants d’abord? Les orphelins, je peux comprendre, mais les femmes d’abord, à une époque où celles-ci prônent encore l’égalité homme-femme? Je déconne…

Il me semble néanmoins injuste de se voir accorder ou refuser la sécurité en fonction de facteurs arbitraires.

Prenez Amhid, disons… Amhid est le chef d’un réseau terroriste. Amhid dépenses des milliers de dollars en entrainement, en bouffe, en armes et en logement pour un soldat. Il doit le briser, puis le rebâtir pour en faire un chien dressé à tuer le monde entier sauf lui. Est-ce qu’Amhid va envoyer le résultat de ses efforts faire la file à l’immigration pour obtenir un statut de réfugié, lorsqu’il va vouloir faire sauter la Chambre des Communes, au risque de perdre son investissement si celui-ci se fait coincer? Bien sûr que non. Amhid va envoyer son soldat, avec des faux papiers usagés tout neufs, par la voie normale, sous une couverture bien établie. Ou il trouvera un désaxé sur place pour faire le boulot. Il pourra tuer à loisir, du moment qu’il se rappelle de leur nom pour le hurler avant qu’on ne l’abatte…

Alors les critères de l’immigration, vous voyez… Si j’étais Amhid, j’enverrais des orphelins et des femmes faire le travail. Il est tout à fait pour l’égalité de la femme, quand vient le temps d’activer une ceinture d’explosifs. Cela arrive chaque jour.

Il demeure que je ne sais pas quoi en penser. Il y aura des pommes pourries dans le lot, mais ils ne seront sans doute pas terroristes pour autant. Je vois mal comment éviter, dans un groupe de 25 000 personnes, de se ramasser une poignée de voleurs, de violeurs, de chieurs et de batteurs de femmes, puisqu’il y en a partout, mais doit-on cesser d’être humain pour autant et ne pas tendre la main aux autres? Même à ceux qui n’en auraient pas fait autant?

Même l’égoïste le plus centré sur son petit nombril devra réaliser une chose: soit on ouvre la porte, et on fait partie des gentils, ou on la ferme au nez de gens terrifiés et dans le besoin, et on cesse de faire partie de la race humaine. Et vous savez qui fait partie du second groupe…

 

 

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