Pour le plaisir de courir une vache

Le 375e anniversaire de Montréal, jusqu’ici, m’avait surtout semblé être une excuse inventée pour attirer les touristes, engranger des sous, et étancher la soif d’attention médiatique de notre maire bien-aimé (au moins par certains…) sans qu’il se mette à bannir les caniches, les vélos, les voitures bleues et les foulards bariolés, uniquement pour faire parler de lui. C’était aussi une raison comme une autre pour justifier la quantité de travaux routiers de l’été dernier, comme si ça allait être moins pire dans six mois… Les affiches desdits travaux annonçant : Montréal, on y travaille, faisait surtout rager, puisque placées près de chantiers bloqués par des cônes oranges où un employé sur cinq était au travail, quand il y avait même des employés.

Parce qu’entendons-nous : le 375e… Pourquoi pas le 372e, le 384e où n’importe quel autre anniversaire, rendu là ? Comme de faire un party chez vous pour la fête des rois, ou pour tes trente-sept ans et demie…

De plus, pour ceux qui sont allé voir la programmation, le lien entre les événements et la ville proprement dite sont parfois ténus, pour dire le moins. Pas que ça manque de charme, car les initiatives de quartier sont plutôt sympa, mais toutes auraient pu se tenir l’an dernier, ou l’an prochain, sans que personne ne le remarque. Quant aux initiatives plus importantes, comme d’illuminer le pont Jacques-Cartier à coups de millions, bof… Difficile de ne pas penser qu’on aurait certainement pu créer un événement plus rassembleur pour une telle somme… Un événement pour les Montréalais, pas une infopub pour faire parler de la ville et du maire à l’étranger.

Parce qu’aussi insignifiant soit-il, c’est l’anniversaire de notre ville et pas uniquement une occasion de faire du fric.

Quand j’ai entendu dire, toutefois, que la ville se proposait de tenir un rodéo (oh, pardon, quatre rodéos !), j’ai franchement éclaté de rire. Paaardon ?

Oubliez un instant qu’il n’y a absolument aucun lien entre Montréal et le rodéo. Ou même entre Montréal et le village western qui sera bâti dans le vieux port pour l’occasion. Parce qu’une école de cow-boys (quoique ça puisse être !), un salon de barbier (continuez de chercher le lien…) une auberge western proposant des mets typiques du Sud-Ouest américain (très Montréal, tout ça…) seront imposés, en plein été, à ceux qui profitent généralement du quai Jacques-Cartier. Continuez de chercher le lien avec Montréal. Si vous le trouvez, faites-moi signe. Je cherche toujours.

Serge Postigo peut se faire aller l’enthousiasme autant qu’il le veut (et parlant de lien, je cherche celui entre un acteur et le rôle de commissaire-adjoint aux célébrations qu’on lui fait endosser) cette idée est franchement ridicule. Vous rêviez, n’est-ce pas, de vous familiariser avec le lancer de lasso pour fêter Montréal, ou d’apprendre à lancer des fers ? De vous informer, et je cite, sur la vie d’un cow-boy dans ses racines les plus profondes et dans son quotidien ? Sans parler d’en apprendre plus sur le tir au pistolet, à une époque où, vraiment, on a tellement besoin de faire de la promo aux armes ?

Et l’ami Coderre qui en rajoute une couche, en essayant de justifier le tout, en disant que le country fait partie de notre histoire (ah bon ?) et de notre culture populaire ! Effectivement, tous les chanteurs country à succès, qui doivent travailler dans une caisse pop durant la semaine pour ne pas crever de faim en attendant qu’une radio qui rejoint plus de cinq cent personne accepte de passer une de leurs chansons, vous le confirmeront. Le country, au Québec, ça marche au boutte ! J’ai encore failli emboutir une bagnole, sur le pont, en m’extasiant sur la dernière affiche grandeur nature de Patrick Normand, l’autre jour…

Tuez-moi…

Oublions le ridicule de cette grosse publicité pour le festival de Saint-Tite, pour un instant. Faisons semblant que ce n’est pas une idée ridicule qui non seulement sera financée à la fois par l’argent que vous versez à la ville, mais aussi par celui que vous refilez au gouvernement provincial, parce qu’il ne faudrait pas gâcher la joie de Martin Coîteux qui a l’air tout content d’avoir accepté de financer une pareille connerie.

On parle de rodéos, ici… L’association canadienne des vétérinaire reconnaît que les animaux, dans de tels événements, ressentent de la peur, du stress, et de la douleur. Sans parler du léger détail d’arrêter une bête qui décampe à toute allure en l’agrippant par le cou, avec une corde, un exercice qui ferait sauter n’importe qui au plafond s’il s’agissait d’un chien ou d’un chat.

Le tout, cautionné par un type qui s’inquiétait du traitement réservé aux chevaux qui tirent des carrioles dans le Vieux Montréal.

Parce que regarder un hurluberlu s’asseoir sur une bête et voir combien de temps il peut tenir, ou un clown à cheval étrangler un veau, c’est tout un divertissement… La grande classe…

Et pourquoi ? Pour l’argent. Pas pour vous informer, ou fêter un quelconque lien avec Montréal, qui n’existe pas. Juste pour le fric. Et parlant de fric, je suis prêt à parier un cinq que notre bon maire va poster un selfie où il sera coiffé d’un chapeau de cowboy. Manquer une occasion d’être vu, ça ne lui ressemblerait guère.

D’un autre côté, je paierais bien pour le voir tenter le coup sur un taureau…

 

 

 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s