Panique! Un poteux!

Depuis la décriminalisation de la marijuana, j’observe avec amusement les gens qui paniquent sur les forums de toutes sortes. Qui va la vendre? À combien? À quel âge pourra-t-on en acheter? 18? 21? 75? Mais qu’est-ce que les psychiatres en disent? Et la SAQ? Et le gouvernement? Comment ils prévoient le coup, en Ontario? Et ailleurs? Combien on pourra en faire pousser? Où est-ce qu’on va pouvoir le fumer?

Les gens qui sont contre la légalisation s’imaginent sans doute que chez leurs opposants, on s’astique déjà les dreads en écoutant Bob Marley, en fumant pour fêter ça de la drogue hautement illégale, mais la vérité leur serait insupportable, alors qu’ils se font bouillir le sang en attendant que toute la population devienne des junkies du pot avec l’accord de leur gouvernement:

Les poteux s’en foutent. Complètement. Les amateurs de Marie-Jeanne s’en battent le popotin par terre sur l’air de la neuvième de Beethoven. Ils rigolent de la panique en haussant les épaules, parce qu’ils savent que c’est une tempête dans un verre d’eau, qui ne les concerne même pas.

Du point de vue de la loi, tout d’abord. Si je décidais, parce que je m’ennuie ou que je sois particulièrement con, de m’allumer un pétard sous le nez de deux policiers, en plein parc Lafontaine… Tout ceux qui se sont fait coincer avec une quantité raisonnable d’herbe sur eux savent que le système est truqué, et monté en levée de fonds, pour demeurer poli. On vous proposera, contre une absolution inconditionnelle, de verser quelques centaines de dollars à une oeuvre de charité. On vous tapera sur les doigts (ou sur la gueule, tout dépend du flic…) et on vous laissera filer. Pas de quoi appeler sa mère, et à moins d’aller justement l’allumer sous leur nez, avec une tuque aux couleurs de la Jamaïque, en sifflotant I shot the sheriff, la plupart des flics préfèrent laisser couler que de se taper des rapports.

Du point de vue des revendeurs, secundo… Le revendeur se réjouit bien un peu, car le gouvernement vient d’éliminer le seul risque, déjà minime, qu’il avait de se voir confronté à la loi. Ceux qui savent ce qu’ils font, toutefois, ceux qui comptent, font affaire avec une clientèle ciblée, sérieuse et sans risque, comme n’importe quel chef d’entreprise. Ils ne vendent pas au gramme comme le gouvernement entend le faire, parce qu’ils savent que c’est une perte de temps. Le poteux régulier fume plus que ça dans une journée. Pour lui, la vie va continuer comme d’habitude, à la différence qu’il va avoir plus de choix, et que les prix de ses fournisseurs vont chuter. Il pourra répercuter ça en vendant un tout petit peu moins cher à ses clients, qu’il rendra heureux tout en engrangeant du profit, vu les prix un peu élevés que commence à envisager le gouvernement.

Le poteux, lui, s’en fout, car il continuerait de payer les mêmes prix. Après tout, ceux-ci n’ont pas monté depuis des années. Il continuera à se fournir chez son revendeur, qu’il utilise depuis toujours et dont il est très satisfait. Il ne prendra pas le risque de se ramasser avec de la moins bonne qualité, qui lui aura coûté plus cher. Pas pour être légal. Pas à moins d’être en panne. Pas un instant.

À ceux qui s’inquiètent de voir les poteux envahir les rues, ouvrez les yeux. Je croise dix personnes par jour en train de fumer des joints, et aucun d’entre eux ne m’a jamais attaqué, victime d’une crise de munchies. Le poteux-type est relax, ne cherche d’emmerdes à personne, et veut juste se taper en rafale les six épisodes de sa dernière série en paix. Justin et la légalisation? Si ça t’amuse, mon pote…

Et si vous vous imaginez que les poteux sont nécessairement des jeunes, désoeuvrés et désabusés de la vie, vous pourriez en prendre pour votre rhume.  J’ai jadis fréquenté une employée de mairie, respectable dame dans la quarantaine, qui avait mené de front, durant des années, sa carrière cléricale et celle de cultivatrice d’une grande partie de la marijuana consommée dans sa région. Le pot est présent, fortement présent, dans toutes les couches de la population, du sans-abri au PDG d’entreprise. Ses utilisateurs ne voient absolument pas en quoi un joint diffère d’une coupe de vin et rigolent bien du droit qu’on s’apprête à leur offrir, et qu’ils s’octroient depuis des décennies dans bien des cas.

Une quantité effarante de peines de prison est actuellement purgée sur des accusations reliées à la marijuana, et celles-ci coûtent au contribuable des dizaines de millions de dollars chaque année. Je conçois qu’on ne devrait pas laisser entrer au pays un type avec un train routier rempli de marie-jeanne, mais arrêter un pauvre bougre parce qu’il avait huit grammes sur lui? Je suis tombé durant mes recherches sur un site intitulé Stop-cannabis, qui m’a bien fait rigoler. J’y ai lu qu’entre 119 et 224 millions de personnes fumaient de l’herbe, dans le monde. Vu l’écart de 106 millions, qui laisse assez de marge d’erreur, j’imagine que le responsable des statistiques étaient du nombre…

Au fond, les gens qui craignent vraiment l’arrivée du pot me font penser à ces quidams dans les films d’extra-terrestres, qui craignent l’invasion. Je ne dis pas ça pour vous rassurer, mais ils sont déjà parmi vous…

Houuu….

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