Pour en finir avec Sofia Nolin

 

J’ai l’honnêteté de dire que je me fous passablement de la musique d’ici. Je ne fais pas partie de ces gens qui disent qu’ils ne pourraient pas vivre sans musique, de toute façon. J’aurais plus de mal à cesser d’en faire que d’en écouter. Je risque d’aller me chercher l’album de Klô Pelgag, parce que j’ai aimé ce que j’ai entendu, mais il y a encore deux semaines, j’ignorais totalement qui elle était. Si on m’avait poussé à deviner, avec un nom pareil, j’aurais sans doute suggéré un physicien danois. La musique que j’écoute est rarement grand public, et ne provient généralement pas d’ici. Je ne le fais même pas pour être original, comme certains, mais uniquement parce que ça adonne comme ça. Ce qui vient d’ici, et que j’entends à la radio par hasard, ne me donne aucunement l’envie de pousser mes recherches plus avant. Si j’échoue un jour en enfer, ce qui n’est pas hors de question, la radio ne me passera que Marc Dupré, et la télé ne diffusera que la Voix et Occupation Double. Comment se mettre à dos la moitié de la population de la province en une seule phrase…

Ceci dit, parce que ça ne cesse de revenir sur les réseaux sociaux, j’ai encore une fois été témoin des commentaires pathétiques sur la tenue de Safia Nolin. Pas des commentaires qui se voulaient humoristiques et tombaient dans la méchanceté parce que leurs auteurs n’avaient pas de doigté, non. Des commentaires qui sautaient directement la première étape pour tomber dans la seconde. La même merde que l’an dernier, quoi, comme si ces imbéciles ne comprenaient rien à rien. J’aimerais dire qu’il s’agissait principalement d’hommes, qui visaient plus l’apparence de Sofia que ce qu’elle portait, comme on attaque, dans la cour de l’école, le gamin qui a un physique qui ne plait pas à tous, mais même pas. Des madames, à plein. Des vieilles, des jeunes, des moches et des jolies. De celles qu’on s’attendrait à voir, par solidarité féminine, prendre la défense de la chanteuse attaquée de toute part. Et oui, il y avait aussi des hommes, mais qu’est-ce qu’on est sensés connaître à la mode, de toute façon…

Jusqu’à la madame en chef, Sophie Durocher, qui dans un autre de ses articles-torchons, en a remis une couche, comme si elle ne s’était pas assez ridiculisée l’an dernier sur le même sujet. Comme si elle-même écrivait pour le New York Times, et pas pour le journal de Montréal, plus consulté pour ses résultats sportifs que son intégrité journalistique. Non contente d’insulter Mlle Nolin sur ce qu’elle portait, elle a en plus écorché Claudine Prévost qui avait osé, ô horreur!, lui dire sur le tapis rouge qu’elle était magnifique. Que c’était donc phoney, selon elle, comme si quelqu’un ne pouvait être magnifique que sur son apparence, et pas sur ce qu’elle dégage. Un point que Mme Durocher semble être incapable de comprendre, dans toute son étroitesse d’esprit.

Sincèrement, qu’elle soit ou non magnifique n’importe pas. Ce n’est pas son boulot, d’être magnifique. Pas plus que d’être une carte de mode. Son travail, c’est la musique, et comme elle a remporté un prix pour la seconde année d’affilée, il semble qu’elle s’en acquitte correctement. Si j’étais elle, et que je me sois fait traiter de tous les noms pour un simple t-shirt, l’an dernier, je me serais sans doute pointé en bleu de travail, uniquement pour emmerder mes détracteurs. Parce qu’étrangement, quand tu es toute mince et mignonne, il semble que tu puisses arriver avec une robe style Passe-Partout, ornée de sushis, et tout le monde vante ton originalité plutôt que de te cracher dessus.

Peut-être aussi que Mlle Nolin n’a rien à battre des conventions d’une industrie qui de toute façon se meurt. Peut-être qu’elle ne voit pas le point, de dépenser deux mille dollars pour une robe qu’elle n’aime pas, uniquement pour avoir la paix et ne pas s’attirer les foudres de cruches du genre de Durocher. Le commentaire qui revient le plus souvent, et que franchement, je ne comprends pas, est qu’elle manque de respect à son public. Franchement amusant, quand son public, justement, la défend, et que les trolls qui utilisent cet argument n’ont certainement jamais acheté son album. Le seul respect que Mlle Nolin doit à son public est d’être vraie, et d’offrir de la musique qui, au départ, lui plait à elle. Si elle pondait des tubes créés pour plaire au plus grand nombre, dans le but de faire du fric, ce serait un manque de respect.

Qu’elle porte une chemise de flanelle déchirée pour aller chercher un prix, plutôt qu’une robe Versace, ne change strictement rien à la donne, sinon de faire réagir les cons….

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2 Comments Add yours

  1. André Roy dit :

    On ne peut pas juger la personne comme tel. Elle peut bien faire la musique ou le bruit qu’elle veut. Pour moi, c’est juste que ses parents ont oublié de l’initier au  » beau  » et à la  » fierté « .

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    1. JM David dit :

      Peut-être aussi que ses parents l’ont élevée en lui apprenant que la fierté ne tient en rien à ce que tu te mets sur le dos, et que la beauté n’est pas qu’une affaire de physique, loin s’en faut. Ce genre de commentaire le prouve amplement…

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